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L’école du chiot, bonne ou mauvaise idée

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Alexandra Marie

Éducatrice canin à Montpellier

Ecrit par Alexandra MARIE – Doggy’s Harmony – Educatrice canin comportementaliste

 

Des chiens de seulement douze mois avec un comportement complètement désorganisé, de jeunes adultes craintifs face à leurs congénères, des chiens envahissants qui ne savent interagir qu’en imposant brutalement leur présence, d’autres qui mordent sous l’effet de la frustration… Et presque toujours, le constat est le même : ces chiens ont passé des mois en « école du chiot » avant que leurs familles, épuisées, ne décident d’y mettre fin.

Résultat : ces chiens nécessitent ensuite une véritable rééducation. Ce lieu, présenté comme une école, a souvent produit l’inverse de ce qu’il promettait : une régression dans les apprentissages fondamentaux et un déséquilibre émotionnel parfois profond.

L’école du chiot : non aux garderies déguisées

La plupart des « écoles du chiot » — celles dont sortent justement ces chiens à rééduquer — ne sont pas de véritables écoles. Elles consistent souvent à regrouper de très jeunes chiens dans un espace clos et à les laisser interagir librement, sans réel encadrement.

Sous prétexte de socialisation, l’éducateur ou le moniteur observe pendant que les chiots s’agitent dans un joyeux désordre, sous le regard attendri des propriétaires qui prennent des photos. Ils sont nombreux, souvent répartis par âge, et la scène paraît adorable. Le concept est séduisant, donc il se vend bien.

Mais lorsqu’on regarde de plus près, ce n’est pas de la socialisation : c’est du chaos.

Dans cette micro-société, les plus affirmés prennent rapidement le dessus, imposent leurs interactions et apprennent à ne tolérer aucune frustration. Ce sont souvent les futurs chiens envahissants, incapables de respecter un arrêt de jeu ou une limite.

À l’inverse, les plus sensibles subissent, fuient, s’inquiètent et développent peu à peu de véritables appréhensions sociales. Ce sont souvent les futurs chiens anxieux, toujours sur le qui-vive face aux autres.

Une vraie question se pose alors : qu’est-ce que des chiots du même âge, livrés à eux-mêmes, peuvent réellement s’apprendre ?

On emmène un chiot en école pour qu’il y soit éduqué. Mais quel enseignement un autre chiot, venu pour exactement la même raison, peut-il lui transmettre ?

Sans chiens adultes équilibrés pour les guider, sans un éducateur capable de sélectionner les bonnes interactions selon les personnalités, il n’y a ni cadre, ni apprentissage, ni repères.

L’école du chiot devient alors une simple garderie à la mode : très appréciée des humains (qui adorent les chiots), mais rarement bénéfique pour les chiens.

Et plus tard, ces petites personnalités mal construites deviennent soit ingérables, soit fragiles. Leurs familles doivent alors entamer une rééducation, voire une véritable thérapie comportementale.

L’école du chiot : oui aux chiens adultes équilibrés

Seul un chien adulte, stable et doté d’une bonne communication, peut réellement transmettre les bons codes à un chiot.

L’adulte intervient naturellement, de façon juste et éthologique : il stoppe une montée en excitation excessive, recadre une morsure mal contrôlée, fait respecter un arrêt de jeu, rappelle les limites sans brutalité.

Il apprend au jeune chien le respect du corps, de l’espace personnel, des signaux d’apaisement et des règles de vie sociale.

C’est ainsi que le chiot intègre les bases du savoir-vivre canin : la frustration, l’autocontrôle, la politesse relationnelle.

Et il vaut mieux que cet apprentissage arrive tôt, car les adultes tolèrent rarement longtemps l’impolitesse.

C’est de cette manière que l’on évite qu’un chiot devienne plus tard un chien ingérable ou émotionnellement instable.

Le rôle de l’éducateur est alors essentiel : il ne s’agit pas de « lâcher les chiens ensemble », mais de choisir précisément quels adultes rencontreront quel chiot, selon leur tempérament, leur sensibilité et leurs besoins.

Une vraie école du chiot doit prolonger les apprentissages commencés dans la fratrie et développer la communication intra-spécifique.

Le chiot doit être mis en présence de chiens adultes variés — par leur âge, leur sexe, leur race, leur taille — mais surtout de chiens équilibrés, capables de l’encadrer correctement.

Personnellement, je fais intervenir des chiens adultes que j’ai moi-même éduqués ou rééduqués. Je connais leur personnalité, leurs qualités, leurs limites. Je sais quels profils peuvent accompagner tel ou tel jeune chien.

J’interviens très peu : j’observe, je sécurise et surtout, j’explique.

Je commente chaque interaction pour permettre aux humains de comprendre la communication canine normale, d’apprendre à lire une séquence comportementale cohérente et de repérer ce qui ne l’est pas.

Car comprendre son chien, ce n’est pas optionnel.

La réalité, c’est que beaucoup de personnes adoptent un chien sans réellement connaître son fonctionnement.

Pour apprendre la communication canine, je vous renvoie vers mon article “Le langage canin : Apprendre à lire et comprendre son chien

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